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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 17:09

 

 

 

 

ROYAUMINE

ou

l'herbe je-veux 

Extrait

Numéro 7

 

Chers Toi,


Avant de continuer, je me dois de te rappeler:

ce que tu lis dans les extraits, sont des extraits.

 

Comme sa définition l’indique, un extrait est un passage tiré d’un texte. Ce n’est donc pas un épisode (partie d’un texte présenté en plusieurs parties).

 

A ce triste effet, beaucoup d'éléments de l’histoire (que dis-je, des deux histoires!!) vont t’échapper. Cela ne peut être autrement.


Et c’est aussi le but de l’exercice, sinon, à quoi bon lire le livre quand il sera livre si tu l’as déjà lu et compris à travers ce blog ?

Ce serait trop facile…


Et la facilité, elle n'est pas donnée à tout le monde. Pour ma part, je l’ai perdue en cours de route, peut-être…

 

Avant de retourner aux aventures de Royaumine dans le Royaume des Fleurs, tu retrouves cette semaine notre héroïne des temps modernes, que j’ai nommée Y (si, si, un jour je te dévoilerai son vrai prénom). Comme tu l’as appris, elle a quitté son mari et même trouvé un travail. Mais sa vie est encore bien cahotique, et elle tente de recoller les morceaux.

 

Dans cet « extrait », tu comprendras mieux ce qui s’est passé pour qu’elle en arrive là…. Et tu découvriras ultérieurement qu’elle aussi vit dans l’inconscience de l’herbe « je-veux ».

 

L’auteure

 

&  &  &  &  &  &  &

(…)

 

Le soir, fixant le plafond endormi dans un battement de paupières hagard, mes souvenirs forent un puits vers mes parents. J’ai exaucé tous leurs vœux, tous leurs caprices. Même lorsqu’ils m’ont apporté mon mari comme on offre un chien ou une bicyclette. « Tiens, voilà ton mari, tu es contente ? » Comment exprimer le contraire ? Je n’avais jusqu’alors jamais formulé de prémices conceptuelles cognitives. Ça m’arrangeait.

Bifurquer sur une propre initiative dépassait tout entendement, supplice insurmontable. Besoin viscéral d’être acceptée. Une faim de l’amour insatiable. Mes parents vengeaient la perte de ma sœur. Me punissaient en me dictant ma vie, écrasaient tout embryon de sentiment, me transmettaient un message limpide : «Si ta sœur n’a pas pu choisir de continuer à vivre, pourquoi aurais-tu le droit, toi, de choisir ta vie ? » Ils m’ont nourrie et logée, je leur devais le respect. Je leur devais la survie. Toute velléité d’opposition à leurs options, toute tentative de leur montrer que j’existais aurait ranimé de manière si violente la culpabilité qui brûlait en moi que j’en serais sûrement morte.

 

La voie de la simplicité. J’ai plongé dans leur jeu la tête la première. Je ne l’ai plus relevée.

 

J’ai épousé un homme en déclarant forfait. Je me suis acquittée des tâches pratiques pour barrer la route aux incursions de mon âme, pour lui interdire de demander son dû à la vérité. Une impasse tuméfiée.

Il fallait assouvir le besoin morbide et obsessionnel de mes parents : m’empêcher d’exulter sur les chemins d’une vie joyeuse.

 

Vingt-cinq ans durant lesquels je me suis persécutée en accédant à toutes les envies et exigences de mes enfants et de mon mari. Recluse dans une terreur quotidienne qu’il leur manquât quoi que ce soit. En réalité, j’étais angoissée qu’ils disparaissent. Ils étaient ma seule bouée. Les trous d’air dans nos cœurs et dans nos âmes, nous les avons colmatés par un pansement épais de tyrannie mutuelle.

En retour, et en secret, j’attendais leur fidélité éternelle. À chaque absence prolongée de leur part, les affres de la dévastation pétrifiaient mes organes vitaux.

 

Au bout du compte, mes enfants ont abandonné une femme informe. Au bout du compte, j’ai quitté un mari apocryphe. Perfusions qui ont troué et usurpé un potentiel amour, une potentielle confiance, une potentielle bienveillance. Je n’avais pas réalisé à quel point j’incarnais leur tortionnaire, à quel point ils jouaient mes bourreaux, chacun exploitant les fragilités de l’autre pour remplir les contradictions de nos actes manqués.

 

Ma mère est morte sans qu’elle m’ait dit qu’elle m’aimait. Je ne m’en remettrai jamais.

 

(...)

 

 

Royaumine®ou l’herbe je-veux est une œuvre intégrale protégée par le droit d’auteur. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l'auteure ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal. Royaumine®est une marque protégée.  

 

 

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